L'histoire de cette campagne
I. Contexte d’intervention
La région du Centre Nord à l’instar des autres régions du Burkina Faso fait face à une crise sécuritaire et humanitaire depuis 2015, cette situation se complexifie avec les chocs climatiques, tels que les sécheresses prolongées et les inondations soudaines. A la date du 31décembre 2024, le nombre de PDI retournées est estimé à 1.010.146 individus, issus de 165.375 ménages dans 697 localités. Tout comme les personnes déplacées, celles ayant regagné leur localité d’origine ont toujours besoins d’assistance avec 5.915.136 personnes qui auront au moins besoin d’un service selon le Conseil National de Secours d’Urgence et de Réhabilitation (CONASUR) .ces besoins se font sentir dans tous les domaines et principalement en matière d’alimentation, d’abris et de matériel de survie, d’éducation, de santé, de nutrition, d’eau, d’hygiène et d’assainissement, de protection, d’appui aux moyens d’existence. Selon toujours le CONASUR, 83% des personnes dans le besoin pas un accès suffisant à des sources d’eau potable, à des infrastructures d’assainissement adéquates et à des conditions d’hygiène appropriées pour répondre à leurs besoins essentiels du secteur secteurs de l’eau, hygiène et assainissement( EHA) dont 10% dans la région Centre-Nord .
Aussi, selon les statistiques de la Direction régionale de l'eau et de l'assainissement du centre-nord (DREA-CNR) en matière d’assainissement, le taux d’accès se situait à 18,8% dans la région du Centre Nord en janvier 2022, soit l’un des plus faibles du pays, la province du Bam a le taux le plus élevé avec 23%, suivi du Namentenga avec 21,6% et enfin du Sanmatenga avec 13,6%. Comparativement à la période 2015-2021 toujours des statistiques de la DREA-CNR en janvier 2022, le taux d’accès à l’assainissement a évolué timidement dans la région, passant de 14,7% à 18,8%, soit une hausse de 3,41 points de pourcentage grâce aux efforts consentis dans le sous-secteur. Pour preuve plus de 03 ménages sur 10 évacuent les eaux usées dans la cour ou dans la rue selon les données du Plan Régionale du Développement (PRD) du centre nord. A ce titre seulement 0,7% des ménages utilisent les puits et les fosses septiques pour l’évacuation de leurs eaux usées (INSD, 2022) ce faible taux expose les populations à des facteurs de risques. Alors que le manque d’assainissement en milieu urbain comme en milieu rural impacte négativement sur l’environnement et favorise la prolifération de certaines maladies, ce qui expose davantage les populations déjà dans une situation de vulnérabilité et de précarité. Dans un tel contexte, ce sont les groupes marginalisés qui voient leurs conditions de vies se détériorer davantage particulièrement les femmes et les enfants à des situations de vulnérabilité accrue comme les facteurs de la malnutrition et aux autres causes principales de mortalité infantile, notamment le paludisme, la dengue et les maladies diarrhéiques. Malgré les efforts consentis par les gouvernants ainsi que leurs partenaires dans le sous-secteur EHA, les indicateurs de l’assainissement demeurent toujours faibles, plusieurs facteurs pourraient expliquer ce faible taux. D’abord, les infrastructures d’assainissement et d’approvisionnement en eau restent insuffisantes pour couvrir les besoins des personnes déplacées internes/retournées et celles non-déplacées, aussi, les pesanteurs socio-culturelles qui entravent l’adoption de comportements en faveur de l’hygiène et de l’assainissement par la population et fin vient la pauvreté qui fait que la préoccupation majeure de certains ménages est la survie, toute chose qui ne permet pas d’accorder une attention à l’hygiène et à l’assainissement.
Ainsi, l’objectif d’Action pour le Développement et l'Intégration de la Population du Burkina Faso (ADIP-BF) vise à promouvoir un cadre de vie sain et durable en intégrant des pratiques respectueuses de l’environnement et le bien être communautaire. Cette approche permet de susciter l’adhésion et l’engagement communautaire afin de sensibiliser et d’impliquer les communautés dans la gestion des déchets, la protection de l’environnement et l’amélioration de leur cadre de vie. Ces quartiers écologiques dans les communes cibles seront des modèles de gestion durable des ressources et d'inclusion sociale, mais aussi de créer et renforcer les dispositifs d’engagement communautaire des communautés locales à plus de résiliences faces aux multiples défis de développement communautaire.
Dans la plupart des communes de la région des Koulsé, les sites abritant les PDI, des zones à forte concentration de PDI et/ou des zones réinstallées, les conditions d’hygiène et d’assainissement sont peu reluisantes. En effet, la santé des populations est influencée d’une part par leurs comportements à travers le mode de vie et d’autre part, par l’accès l’eau potable, à l’hygiène et à l’assainissement. Ainsi, la promotion des bonnes pratiques en matière d’hygiène telles que le lavage des mains avec de l’eau propre et du savon, l’assainissement du cadre de vie et l’accès aux infrastructures d’assainissement de bon état sont des opportunités de prévention contre les maladies endémo épidémiques, émergentes et ré-émergentes et le raffermissement de la dignité humaine. En effet, l’absence de bonnes pratiques d’assainissement est un facteur qui contribue à augmenter le taux de malnutrition, aux autres causes principales de mortalité infantile, notamment le paludisme, la dengue et les maladies diarrhéiques. Partant des expériences vécues, l’ADIP-BF pense que, si le taux de prévalence des maladies non transmissibles telles que le paludisme, la dengue et les maladies diarrhéiques est toujours élevé, c’est qu’en amont il y a un manque d’engagement de la communauté dans le domaine de l’assainissement des villes. Or pour une gestion efficace de l’assainissement de nos cadres de vie, l’engagement communautaire se doit être un leitmotiv de la communauté afin de favoriser la croissance économique des communes et de contribuer sensiblement à faire reculer la pauvreté. L’approche « quartier écologique » mise en œuvre par la communauté dans le secteur 1 de la commune de Kaya après évaluation formatives des facteurs motivateurs et les barrières qui influencent les comportements sera mise en œuvre d’extension dans les 06 secteurs de la commune de Kaya et trois autres communes à savoir Barsalogho, Pissila et Tougouri.
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